Un pressoir vieux de plus de 400 ans sera récupéré, restauré et remonté grâce au travail de jeunes étudiants de trois centres de formation professionnelle du Gipuzkoa, de Navarre et du Labourd. Le projet a été mené à bien dans le cadre de l’initiative « Dolareak », portée par la Fondation Peio Martikorena en collaboration avec la mairie d’Astigarraga et trois établissements d’enseignement, et cofinancée par l’Eurorégion Nouvelle-Aquitaine Euskadi Navarre.

Lors de la présentation, qui a eu lieu le 23 octobre dans l’entrepôt municipal d’Astigarraga, un groupe d’étudiants issus des centres de formation professionnelle CIF Donibane (Navarre), EASO Politeknikoa (CAV) et Fédération Compagnonnique (Nouvelle-Aquitaine) ont montré en direct les travaux de restauration du pressoir à cidre du caserío Erbetegi-Etxeberri de la localité, une ancienne pièce du XVIIe siècle conservée pendant des années et aujourd’hui remise à la vie grâce au projet « Dolareak ».

L’événement a réuni le maire d’Astigarraga, Xabier Urdangarin, la chargée de projets de Citoyenneté de l’Eurorégion, Marie Heguy-Urain, et le professeur de structures en bois du centre Compagnons du Tour de France, Iban de la Fuente.

Selon le maire, le projet « Dolareak » a trois objectifs principaux : « Récupérer et restaurer d’anciens pressoirs, transmettre aux jeunes les métiers traditionnels de la menuiserie par la formation, et encourager la coopération transfrontalière en Euskal Herria à travers un programme multilingue. »

Pour sa part, la représentante de l’Eurorégion Nouvelle-Aquitaine Euskadi Navarre a souligné que « c’est un bon exemple d’un projet qui répond à nos objectifs, car il favorise le développement économique, social et culturel des deux côtés de la frontière tout en mettant l’accent sur le patrimoine et l’éducation grâce à la collaboration transfrontalière. »

Iban de la Fuente, du centre des Compagnons, sera l’un des professeurs chargés de diriger et de former les étudiants participant aux travaux de montage et de restauration du pressoir. « Bien que l’on construise de plus en plus avec du bois, le bois ancien est très peu réutilisé. On le coupe et on le brûle. Le bois ancien raconte une histoire, il a une vie, et le matériau a une grande importance », a-t-il expliqué.

LE PRESSOIR

Le caserío Erbetegi-Etxeberri était divisé en deux logements, habités par les familles Goikoetxea et Izeta. C’est le seul pressoir connu à double axe, doté d’un broyeur (matxaka) actionné par la force animale.

La presse fonctionnait manuellement, et il fallait quatre personnes à chaque axe pour la mettre en marche. Dans la ferme, on broyait et pressait les pommes, et la plus grande partie du moût était ensuite transportée à Donostia–Saint-Sébastien pour être vendue dans les bars.

À chaque pressée, on remplissait un petit tonneau (barrikote), et une fois le cidre prêt, on invitait les voisins à le déguster au son de la txalaparta. La famille Goikoetxea a d’ailleurs joué un rôle clé dans la préservation et la redécouverte de cet instrument de percussion, qu’ont appris à jouer de grands musiciens comme Juan Mari Beltrán et les frères Joxean et Jesus Mari Artze.

Ce sont les étudiants des centres mentionnés qui redonneront vie à cette pièce, après plusieurs années conservée comme un trésor. « Ils apprendront à comprendre le bois ancien. Ils le nettoieront pour en évaluer l’état et lui appliqueront un traitement protecteur. Ils analyseront aussi la manière dont le bois était disposé dans un pressoir à cidre, et apprendront à travailler le bois ancien. Nous voulons leur transmettre ce savoir, car aujourd’hui, le bois est travaillé avec des outils modernes, mais le bois ancien doit être travaillé à la main », a ajouté le professeur.

Une fois la presse remontée, une datation du bois sera réalisée pour en connaître les détails historiques, et un scan numérique en 3D sera effectué afin d’être utilisé comme ressource pédagogique dans de futurs supports de formation. « Grâce à Dolareak, nous allons récupérer une pièce essentielle de notre patrimoine lié au cidre, un produit profondément enraciné dans notre culture et particulièrement à Astigarraga, où le bois jouait un rôle très important, bien qu’il soit aujourd’hui de plus en plus remplacé par l’acier inoxydable », a conclu le professeur.